LE DEFI DE LA CROIX MIKI HARDY

22 avril 2019

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LE DEFI DE LA CROIX

Introduction


Quand nous voyons, dans le livre des Actes, combien l’église primitive était
forte, unie, vivante et détachée du monde, nous réalisons que l’Evangile prêché
était puissant. Il conduisait à une vraie repentance, un vrai engagement, un
vrai pardon, une vraie unité, une vraie foi. L’église était engagée sur un chemin
la conduisant à la maturité spirituelle, et les chrétiens comprenaient que la vie
chrétienne impliquait de renoncer à leur propre vie ; ils étaient prêts à s’identifier
à Christ dans ses souffrances, sa mort et sa résurrection.
L’apôtre Paul avait reçu, par une révélation de Christ, le message complet de
l’Evangile : Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié, message fondamental pour
l’église. Il l’explique dans Galates 1:11-12 : “[…] l’Evangile qui a été annoncé par
moi n’est pas de l’homme ; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par
une révélation de Jésus-Christ.”
Tant que le message de la croix était prêché, les premiers chrétiens restaient
fermes, solidement fondés en Christ. Ils marchaient dans la victoire, dans
la sainteté et dans la foi. Mais lorsque la prédication était diluée, avec des
compromissions, leur foi s’affaiblissait et ils ne suivaient plus les voies du
Seigneur, comme on peut le voir dans les épîtres aux Galates, aux Hébreux ou
aux Corinthiens.
L’auteur du livre des Hébreux évoque l’engagement des chrétiens juifs une fois
qu’ils eurent compris le vrai message de l’Evangile. Ils étaient prêts à supporter
l’opprobre ainsi que de grandes souffrances et afflictions. Ils étaient aussi
disposés à partager leurs biens (Hébreux 10:32-34). Mais, par la suite, leur
cœur s’étant refroidi et leur foi affaiblie, leur attitude changea et ils voulurent de
nouveau se soumettre aux exigences de la loi de Moïse.
Introduction
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Le défi de la croix
Aujourd’hui, de nombreuses églises préfèrent mettre de côté la prédication de
la croix et prêchent des messages qui n’attirent pas le cœur des chrétiens vers
Jésus, ne les encouragent pas à se séparer du monde mais les poussent à
rechercher les choses matérielles, pourtant destinées à périr.
C’est pourquoi il est utile de réaliser la place centrale et la signification de la croix
dans les différents domaines de la doctrine chrétienne. Nous comprendrons
alors que la croix de Jésus-Christ, fondement de la vie chrétienne, fait partie
intégrante de tous les aspects de cette doctrine. Ce qui s’est passé sur la
croix devrait être une réalité dans chacune de nos vies, et pas seulement un
événement survenu il y a plus de 2000 ans.
“Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en
sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui
par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par
la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En
effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à
sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que
notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit réduit à
l’impuissance, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui
est mort est libre du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons
que nous vivrons aussi avec lui, sachant que Christ ressuscité des morts ne
meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car il est mort, et c’est pour le
péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu
qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme
vivants pour Dieu en Jésus-Christ.” (Romains 6:3-11)
En lisant ce texte, nous comprenons ce qui s’est passé à la croix quand Jésus est
mort et ressuscité. Dieu, notre Père, dans son amour pour sauver les hommes
condamnés par leur péché, a voulu que l’humanité entière soit incluse dans ce
sacrifice parfait. L’apôtre Paul affirme que nous sommes tous morts, ensevelis
et ressuscités avec Lui. Cela veut aussi dire que notre “vieil homme” (notre
vieille nature) a été crucifié avec Lui, afin que nous marchions en “nouveauté
de vie”, sur la voie de la sainteté, libres du péché. N’est-il pas extraordinaire de
réaliser qu’un seul est mort pour tous (Jésus) et que, par sa mort, la justification
s’étend à tous les hommes ! (Romains 5:18)
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L’apôtre Paul appuie cela en disant qu’en Jésus, Dieu a prévu que “[…] nous
soyons saints et irréprochables devant Lui” (Ephésiens 1:4). Le salut, qui était
planifié avant même la fondation du monde, est devenu réalité avec le sacrifice
de Jésus sur la croix. Jésus est le cadeau, la grâce donnée par Dieu pour tous
les hommes. “Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés […]” (Ephésiens 2:8).
L’apôtre Paul déclare aussi dans ce chapitre que nous avons tout en Jésus,
car nous sommes morts en Lui et ressuscités avec Lui. Il ajoute encore qu’Il
“[…] nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ”
(Ephésiens 2:6). Cette révélation nous donne la foi pour une vie de victoire et
de sainteté.
Comment pouvons-nous comprendre cela et ensuite vivre notre vie chrétienne
comme bon nous semble, en laissant notre nature charnelle nous dominer ? Il
est vrai que tout a été accompli pour que nous recevions tout notre héritage
et que nous marchions dans la victoire sur le péché, mais cela ne s’acquiert
pas sans porter notre propre croix (Matthieu 16:24). Comme l’affirme l’apôtre
Paul : “Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et
ses désirs.” (Galates 5:24).
Jésus Lui-même a dit : “celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est
pas digne de moi” (Matthieu 10:38). Quoi de plus clair ? L’apôtre Paul, comme
nous l’avons vu, avait pleinement saisi cela. C’est pourquoi il a prêché JésusChrist et Jésus-Christ crucifié (1 Corinthiens 2:2) et a parlé de l’identification du
chrétien aux souffrances, à la mort et à la résurrection de Jésus.
Ce message est le fondement de la vie chrétienne et nous ne pouvons pas croire
que nous marcherons dans la victoire en ignorant cet appel à nous identifier à
Christ chaque jour. C’est le message simple et puissant de la croix.
Introduction
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Le défi de la croix
Chapitre I
La croix et le salut
La première chose à réaliser est que le salut s’obtient “par la grâce […] par le
moyen de la foi.” (Ephésiens 2:8)
Le salut, preuve de l’amour de Dieu
La mort de Jésus sur la croix est la clé de notre salut. Quand nous entendons
l’Evangile, le Saint-Esprit nous convainc de notre péché : nous réalisons que
notre nature de péché, qui est celle de tout homme, nous sépare de Dieu, et que
Jésus a dû souffrir et mourir sur la croix pour notre rédemption. Le Saint-Esprit
nous pousse à nous humilier, à nous repentir et à rechercher le pardon de Dieu,
dont nous découvrons l’amour, en acceptant Jésus comme notre Sauveur.
Nous avons par la suite la conviction, le témoignage du Saint-Esprit que nous
sommes devenus des enfants de Dieu (Romains 8:16).
Le sacrifice de Jésus sur la croix est la preuve de l’amour incomparable et
parfait de Dieu notre Père envers tous les hommes car, alors que “nous étions
encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.” (Romains 5:8).
L’apôtre Jean déclare que : “[...] Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son
Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la
vie éternelle.” (Jean 3:16). Jésus a été jusqu’à la croix verser son sang, pour
accomplir le plan de Dieu pour le salut des hommes. Il a été humilié en prenant
une forme humaine et c’est dans ce corps de chair qu’il a remporté la victoire
sur le péché.
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La grandeur infinie de l’amour de Dieu ainsi que son plan pour le salut des
hommes sont présentés dans le chapitre 53 du livre du prophète Esaïe, qui
y décrit minutieusement les souffrances de Christ. L’Eternel a fait retomber
sur son Fils l’iniquité de nous tous, et le châtiment qui nous donne la paix est
tombé sur Lui. Le plan de l’Eternel était de Le briser par la souffrance, afin qu’Il
se charge de nos douleurs et paye le prix sur la croix, pour que nous soyons
délivrés de nos péchés et de tout ce qui nous séparait de Lui.
L’apôtre Paul déclare que Jésus est devenu “malédiction pour nous” : la loi
de Moïse, qui était une malédiction pour les hommes, puisqu’elle révélait leur
nature pécheresse et les condamnait, a été annulée par le sacrifice de Jésus
qui a pris cette malédiction sur Lui à la croix (Galates 3:13). Il précise encore :
“Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que
nous devenions en lui justice de Dieu.” (2 Corinthiens 5:21). Jésus a pris sur Lui
la condamnation que méritait notre péché.
La repentance et la foi, clés du salut
Pour obtenir le pardon de nos péchés, le salut, la vie éternelle, il ne nous reste
qu’à nous repentir, reconnaître Christ comme le Fils de Dieu, ce qu’Il a accompli
sur la croix, puis à L’accepter comme notre Sauveur.
Nous voyons plusieurs exemples de conversions dans le livre des Actes. Dans
le chapitre 2 au verset 37, l’apôtre Pierre prêche le salut en Jésus après la
Pentecôte : “Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement
touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que feronsnous ?” De nombreux Juifs ont ressenti l’amour de Dieu pour eux, et trois mille
d’entre eux se sont repentis de leurs péchés et se sont convertis à Jésus-Christ
(Actes 2:41).
Dans Actes 8:26-38, nous voyons un autre récit : un eunuque, sur son char,
lisait dans le livre du prophète Esaïe le passage évoquant un homme qui s’était
donné en sacrifice pour les péchés de l’humanité. Philippe, conduit par l’ange
du Seigneur à sa rencontre, lui adressa la parole et lui expliqua que ce passage
Chapitre I - La croix et le salut
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Le défi de la croix
se rapportait à Christ. Il lui parla de la bonne nouvelle qu’était la mort de Jésus
sur la croix et sa résurrection. L’eunuque se repentit, fut sauvé et baptisé dans
l’eau par Philippe.
L’apôtre Paul déclare que l’Evangile, dont le cœur est la mort de Jésus sur
la croix, son ensevelissement et sa résurrection (1 Corinthiens 15:1-3), est “la
puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit.” (Romains 1:16). Il affirme
encore que “personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été
posé, savoir Jésus-Christ.” (1 Corinthiens 3:11).
La croix, indissociable du salut
Jésus-Christ est la fondation de notre salut. Toutefois, la venue de Jésus sur
la terre ne sauverait personne s’Il n’était pas mort sur la croix et ressuscité : il
n’y aurait pas eu de sacrifice parfait, le sang parfait de l’Agneau de Dieu, sans
défaut et sans tache, versé pour le rachat de nos péchés.
C’est la révélation du sacrifice de Jésus sur la croix qui nous pousse, une fois
que nous nous sommes repentis, à accepter l’œuvre du Saint-Esprit dans
nos vies.
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Chapitre II
La croix et le baptême
Le baptême, ni un rite, ni la condition du salut
Il est regrettable que, dans de nombreuses églises aujourd’hui, le baptême
d’eau soit devenu un rite religieux ou une étape obligatoire à franchir. Souvent,
le croyant ne comprend pas vraiment la profondeur de sa décision, qui devrait
signifier son désir authentique de vivre dans la soumission au Seigneur. On
lui enseigne fréquemment que le baptême est simplement la deuxième étape
qui doit obligatoirement suivre sa conversion. On l’encourage dans ce sens
en lui disant : “Maintenant que tu es sauvé, tu dois prendre le baptême”, sans
vraiment lui parler du prix à payer pour suivre Jésus. L’acte du baptême devient
alors un rituel sans engagement véritable à s’identifier à Christ.
Dans certaines communautés chrétiennes, on va jusqu’à dire que si une
personne est née de nouveau sans prendre ensuite le baptême, elle n’est pas
sauvée. Or il faut bien comprendre que le baptême d’eau vient simplement
après le salut. Si quelqu’un se repent de sa vie passée, se convertit à JésusChrist et meurt sans avoir été baptisé, il est quand même sauvé et recevra la vie
éternelle - à moins qu’il n’ait décidé entre-temps de renier le Seigneur.
Le baptême, identification à Christ
“Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en
sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui
Chapitre II - La croix et le baptême
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Le défi de la croix
par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par
la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie.”
(Romains 6:3-4). L’apôtre Paul explique avant cela que, si nous sommes morts
au péché, nous ne pouvons continuer à vivre dans le péché (Romains 6:2). Cela
devient possible car, de même que Christ a été ramené d’entre les morts à la
vie, de même nous pouvons vivre une vie nouvelle en Christ.
En prenant le baptême, le chrétien se trouve un instant sous l’eau, ce qui
représente la mort à soi-même, puis ressort de l’eau, ce qui symbolise la
résurrection à une nouvelle vie. Il est maintenant appelé à vivre une vie sainte.
Il faudrait donc qu’avant de se faire baptiser, le chrétien prenne une décision
formelle de s’identifier à Christ dans ses souffrances et dans sa mort.
Le baptême, engagement à perdre sa vie
Jésus, répondant à une question de Jacques et Jean, évoqua avec eux le
baptême. Il leur demanda : “Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou
être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ? […] Il est vrai que vous
boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je
dois être baptisé ; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche,
cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu’à ceux à qui cela est réservé.”
(Marc 10:38-39). Ici, Jésus demande à ses disciples s’ils seront prêts à prendre
le baptême par lequel Il doit Lui-même passer. Pourquoi cette question, puisque
Jésus avait déjà été baptisé par Jean-Baptiste ? Il est clair qu’Il parlait des
souffrances et de la mort qui allaient être les siennes sur la croix. C’est comme
s’Il leur avait demandé : “Serez-vous prêts à prendre votre croix ?” Jésus, dans
son enseignement, relie donc l’acte du baptême à la croix que seront appelés à
porter ceux qui Le suivent.
C’est le sens de Matthieu 16:24 : “Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce
à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive.” Le baptême d’eau
est un acte avec un sens précis qui démontre que le chrétien est désormais
prêt à perdre sa vie, à se renier lui-même, à porter sa croix et à suivre Jésus.
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Le baptême n’est rien de moins que cet engagement solennel et public à avoir
un nouveau style de vie, la vie de Christ que nous recherchons pour Le servir
efficacement.
En lui-même, le baptême ne change pas le chrétien, mais il représente un
défi pour lui : accepter de perdre sa vie pour celle de Christ, pour vivre comme
Lui. C’est pourquoi il doit être bien compris, à la lumière de la révélation de la
croix de Jésus.
Il est donc clair que si le chrétien n’est pas disposé à mourir à lui-même, il n’a
aucune raison de prendre le baptême ! Nous saisissons maintenant pourquoi
Jésus a dit à ses disciples que la condition pour être digne de Le suivre, c’est
d’être prêt à se renier soi-même et à prendre sa croix. Le baptême prend une
autre dimension quand nous réalisons qu’il est directement lié à la croix de
Jésus-Christ.
Chapitre II - La croix et le baptême
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Le défi de la croix
Chapitre III
La croix et la sainte cène
Nous avons vu dans le chapitre précédent la signification du baptême d’eau.
Qu’y a-t-il de commun entre le baptême d’eau et la sainte cène ? Le baptême
d’eau est une décision qui se traduit par un acte public devant les frères et
sœurs, et la sainte cène est la confirmation de cette décision. Les deux sont
directement liés au message de la croix enseigné par Jésus.
La sainte cène est avant tout un rappel de l’amour de Jésus envers nous. Le
pain nous rappelle son corps brisé et ses souffrances, et la coupe son sang
versé sur la croix.
Dans 1 Corinthiens 11:20-22, nous voyons qu’au temps de la première église,
les chrétiens partageaient la sainte cène régulièrement, surtout à l’occasion
des repas dans les maisons. Il est d’ailleurs arrivé que l’apôtre Paul reproche
aux Corinthiens de ne pas prendre la sainte cène au sérieux, puisqu’ils étaient
parfois ivres pendant les repas.
La sainte cène, une occasion de s’examiner soi-même
A l’occasion de la sainte cène, comme le leur avait demandé le Seigneur, les
chrétiens se rappelaient leur décision de s’identifier à Lui. Ce moment est
une occasion de nous remettre en question, d’examiner notre état spirituel,
notre engagement dans le service du Seigneur, et de nous poser les bonnes
questions : avons-nous perdu la vision de notre identification à Jésus ? Notre
cœur est-il pur ? C’est aussi un temps où nous pouvons avoir une conviction de
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péché, nous repentir avant de continuer notre course, et trouver grâce devant
Lui. C’est encore le moment de manifester le pardon, puisque nous devons
être en paix avec tous. Autrement, il n’est pas possible de prendre le repas
du Seigneur.
Il est dommage que, pour beaucoup de chrétiens, la sainte cène soit devenue
un simple rituel et n’ait plus la même signification que dans l’église primitive.
Dans de nombreuses églises, la croix n’y a plus de place.
Devrions-nous prendre l’habitude de partager la sainte cène à la maison, en
famille, le plus souvent possible, aussi bien que dans la communion avec les
frères et sœurs à l’église pendant nos rencontres ? Pourquoi pas, cela ne peut
que nous garder près du Seigneur.
La sainte cène, un engagement à perdre sa vie
En revenant au verset mentionné dans le chapitre précédent (Marc 10:38), nous
voyons la question posée par Jésus à ses disciples pour savoir s’ils étaient
disposés à boire la coupe qu’Il allait boire. Il se rapportait encore une fois à ses
souffrances et à sa mort sur la croix. Serez-vous prêts à prendre votre croix
et à me suivre ? leur demandait-Il. Serez-vous prêts à vous identifier à mes
souffrances et à ma mort ? Serez-vous prêts à perdre votre vie pour avoir la
mienne ? C’est le même défi que celui qu’Il leur avait lancé pour qu’ils soient
baptisés du baptême dont Il serait Lui-même baptisé.
C’est pour cela que Jésus leur dit : “En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne
mangez la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez son sang, vous n’avez
point la vie en vous-mêmes.” (Jean 6:53). Jésus ne parlait pas ici de manger son
corps et de boire son sang au sens propre, mais de ce que cela représenterait
dans la vie des chrétiens.
Le pain que nous partageons au moment de la sainte cène est la représentation
de son corps, brisé par la souffrance pour nous. Jésus a souffert dans sa chair,
Il a été battu, meurtri, flagellé, et en mangeant le pain nous confirmons notre
Chapitre III - La croix et la sainte cène
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Le défi de la croix
décision de nous identifier à ses souffrances. En d’autres mots, nous montrons
que nous sommes prêts à souffrir pour Lui, comme le dit l’apôtre Paul dans
Philippiens 1:29 : “il [nous] a été fait la grâce, par rapport à Christ, non seulement
de croire en lui, mais encore de souffrir pour lui”.
Jésus nous affirme que si nous ne prenons pas le pain et la coupe, en d’autres
mots, si nous ne voulons pas nous identifier à ses souffrances et à sa mort,
nous ne pouvons avoir la vie. La coupe symbolisant sa mort, le don de sa vie, en
prenant la sainte cène, nous confirmons notre désir de nous renier nous-mêmes,
afin de transmettre sa vie. L’apôtre Paul déclare ainsi dans Galates 2:20 : “J’ai
été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit
en moi […]”.
La sainte cène sans le baptême ?
Il arrive que des chrétiens se demandent s’ils ont le droit de prendre le repas du
Seigneur avant de prendre le baptême d’eau. Je ne crois pas que la question
soit d’avoir le droit ou non. Mais si nous comprenons la vraie signification de
la sainte cène, cela veut dire que dans notre cœur, nous sommes déjà prêts et
décidés à prendre le baptême d’eau, car les deux parlent de la même chose,
notre identification à Christ.
Bien entendu, il ne s’agit pas de vivre selon un principe ; je peux en donner
l’illustration par un témoignage. Peu après notre conversion, ma femme et moi
avions compris que notre vie appartenait à Jésus et nous étions prêts à Le suivre
et Le servir. Nous étions à cette époque un petit groupe de croyants qui venions
de rencontrer le Seigneur, et nous ne connaissions personne à l’île Maurice qui
puisse nous baptiser. Comme nous devions nous rendre dans une église en
Afrique du Sud, nous avions décidé de nous faire baptiser là-bas. Avant notre
départ, nous assistions à des réunions au cours desquelles nous prenions la
sainte cène, et c’était très important pour nous. Fallait-il que nous attendions
d’être baptisés avant d’y prendre part ? Je ne le crois pas, car notre désir de
prendre part à la table du Seigneur était légitime, et le fait de vouloir nous faire
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baptiser démontrait que nous étions conscients de notre engagement envers
le Seigneur, même si nous n’avions pas, à ce moment-là, une compréhension
totale de ce que le baptême signifie. Il y a d’ailleurs de nombreux cas où les
croyants ne peuvent prendre le baptême immédiatement après leur conversion
en raison de la programmation des baptêmes de leur église.
Ce qui est important, c’est la sincérité de notre cœur dans cette communion,
et le fait d’être prêts à nous identifier avec les souffrances et la mort de Jésus.
Chapitre III - La croix et la sainte cène
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Le défi de la croix
Chapitre IV
La croix et la prière
Prier selon la volonté de Dieu
Je me souviens que, dans le passé, la plupart de mes prières se résumaient
à demander au Seigneur tout ce dont j’avais besoin pour ma vie, celle de ma
femme et de mes enfants.
Vous me direz peut-être : “Mais qu’y-a-t-il de mal à cela ?” Il n’y a rien de mal,
mais cela démontre que, spirituellement, j’étais toujours un enfant, uniquement
concerné par ce qui me touchait de près. La prière était pour moi un moyen
d’essayer d’avoir tout ce dont j’avais besoin, et rien d’autre.
Vous pourriez me dire aussi : “Mais Jésus a dit que nous pouvions demander et
que notre Père céleste nous donnerait.” Alors pourquoi ne pas demander tout
ce que nous désirons ?
Il ne faut pas oublier que Dieu n’est pas là pour répondre à nos prières en
nous donnant absolument tout ce que nous voulons. Il veut nous donner ce qui
correspond à sa volonté pour nos vies, comme le déclare l’apôtre Jean dans
1 Jean 5:14 : “Nous avons auprès de lui cette assurance que si nous demandons
quelque chose selon sa volonté, il nous écoute.”
Il ne faut pas oublier non plus que Dieu désire construire une église spirituelle.
Ce qui L’intéresse avant tout, c’est de nous voir grandir à l’image de son Fils.
Pourquoi alors ne pas prier pour l’église ? Pour nos frères et sœurs ? Ou alors
Lui demander de nous briser et de nous former comme Il le veut ? Ne serait-ce
pas cela, la prière selon la volonté de Dieu ?
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Prier, une occasion de grandir spirituellement
Je me souviens d’un frère qui avait des problèmes financiers alors que,
pourtant, sa vie était droite devant le Seigneur. Il priait, lisait sa Bible, soutenait
financièrement l’œuvre de Dieu… Il me disait qu’il ne comprenait pas pourquoi
le Seigneur ne pourvoyait pas à ses besoins. Il m’avait confié avoir parlé de
sa situation avec un responsable de son église qui lui avait dit qu’il y avait
sûrement un problème dans sa vie ou qu’il ne donnait pas assez.
Je lui avais alors répondu que je ne croyais pas cette explication juste, que
c’était peut-être le moment pour lui d’être éprouvé, mais qu’il pouvait s’attendre
à ce que le Seigneur se manifeste fidèlement au bon moment. Effectivement,
le Seigneur est venu à son secours en son temps, mais en attendant, ce frère a
mûri spirituellement.
Nous avons tous besoin de vivre ce genre d’expérience avec le Seigneur
dans différents aspects de notre vie, que ce soit celui de nos finances, notre
couple, notre travail, nos relations, etc. En effet, alors que nous attendons son
intervention, nos mauvaises réactions, notre manque de foi, notre impatience
sont révélés. Mais si nous gardons un cœur pur et Lui permettons de faire un
travail profond en nous, quelle occasion de grandir !
Le Seigneur s’occupe de nous à sa manière, et nous pouvons être assurés que
tout concourt au bien de ceux qui L’aiment, selon Romains 8:28.
Il nous faut comprendre que la prière n’est pas seulement un moyen pour que
Dieu prenne soin de nous, mais aussi pour qu’Il construise notre vie spirituelle.
Prier pour l’avancement du royaume de Dieu
Nos prières doivent avant tout avoir comme motivation l’avancement du
royaume de Dieu : la préoccupation de tous les chrétiens, ce doit être
la construction spirituelle de l’église de Jésus-Christ. Dans le livre des
Chapitre IV - La croix et la prière
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Le défi de la croix
Actes, au chapitre 4, verset 29, nous voyons les chrétiens se réunir et prier pour
que la volonté de Dieu se fasse. Ils n’étaient pas concernés par leurs besoins
personnels, mais ils demandaient avec insistance à Dieu une pleine assurance
pour annoncer l’Evangile au milieu des persécutions. De même, lorsque l’apôtre
Pierre était en prison, ils ne cessaient de prier pour Lui. Nous ne les voyons
nulle part le faire pour leurs propres besoins matériels ou physiques. C’est une
qualité de relation avec le Seigneur que nous voyons rarement aujourd’hui.
Dans Colossiens 1:9-11, nous pouvons voir le cœur de l’apôtre Paul pour l’église.
Son désir, sa prière étaient que les chrétiens grandissent dans la connaissance de
Dieu et marchent d’une manière digne du Seigneur. Sommes-nous conscients,
nous aussi, que Dieu doit continuer l’œuvre qu’Il a commencée dans nos vies et
que nous devons prier pour cela ?
Nos vies se construisent par des interventions de Dieu dans nos cœurs et nous
avons besoin de les accepter. La prière n’est pas un moyen de fuir ce qu’Il veut
construire en nous, ni de rendre notre vie chrétienne plus confortable.
Il y a une grande différence entre la prière d’une personne brisée et celle d’une
personne encore très égoïste qui recherche son intérêt. C’est la différence qui
sépare un chrétien spirituel d’un chrétien charnel. Le chrétien spirituel qui porte
sa croix sait quoi demander au Seigneur dans ses prières et est convaincu que
Dieu s’occupera de lui sans qu’il doive continuellement être fixé sur ses propres
besoins. La Bible dit que Dieu sait ce dont nous avons besoin avant même que
nous ne Lui demandions (Matthieu 6:8).
Je peux dire que cela fait des années que ma femme et moi n’avons pas prié
pour nos besoins personnels. Je me souviens comme si c’était hier que, juste
après notre retour d’Afrique du Sud à l’île Maurice pour servir le Seigneur à
plein temps, l’église se réunissait dans une vieille maison en location. Elle était
en très mauvais état, il pleuvait autant à l’intérieur qu’à l’extérieur ! Suite à la
vente de notre maison, nous aurions pu en acheter une autre, mais nous ne
ressentions pas que c’était le moment de le faire, aussi longtemps que l’église
du Seigneur n’aurait pas son lieu à elle. Pendant des années, nous avons donc
été locataires, déménageant de maison en maison, jusqu’à être à plus de douze
dans une maison de trois chambres car, en plus d’y habiter avec notre famille,
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nous hébergions des chrétiens. Mais ce n’est pas pour cela que nous n’étions
pas heureux ! Jusqu’au jour où nous avons trouvé un terrain pour construire ce
qui serait le premier lieu de culte de l’église. C’est seulement à ce moment là
que nous avons eu notre propre maison. Aujourd’hui, nous habitons dans un
endroit extraordinaire reçu en héritage de mes grands-parents. Comme le dit
souvent ma femme : “Si nous avions prié pour avoir une maison, ça ne nous
aurait jamais traversé l’esprit de demander au Seigneur ce que nous avons
aujourd’hui !” Nous L’aurions tellement limité... Mais Lui connaissait nos besoins
et notre cœur pour Lui et son royaume, et Il a pris soin de nous en son temps et
à sa manière ! Comme quoi nous avons bien fait de nous préoccuper de l’église
plutôt que de nos besoins personnels. Le Seigneur a fait pour nous infiniment
au-delà de ce que nous demandions ou pensions, comme le dit Ephésiens
3:20. Il est fidèle et sait comment prendre soin de chacun.
Quand nous serons prêts à perdre notre vie et à prendre notre croix, nos prières
changeront complètement. Elles ne se concentreront pas sur nous-mêmes
mais sur l’intérêt du royaume de Dieu, sur les choses spirituelles plutôt que
matérielles. Ce sera le fruit d’une œuvre profonde de Dieu dans nos vies qui
ne nous appartiendront plus, mais qui seront à Lui. Nous prierons pour l’église,
pour les missions, pour son plan, pour sa direction, et nous nous mettrons en
dernier sur la liste de nos demandes. Ce sera l’inverse de “moi, mon mari/ma
femme, mes enfants, ma maison, ma voiture, mon travail, mes finances, mes
propres besoins…”
Le “style” de nos prières nous indique où nous en sommes dans notre marche
chrétienne. Alors attachons-nous à vivre ce verset de Matthieu : “Cherchez
premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront
données par-dessus.” (Matthieu 6:33).
Chapitre IV - La croix et la prière
21
Le défi de la croix
Chapitre V
La croix et la repentance
Nous recevons la vie éternelle quand nous nous repentons de nos péchés et
de notre vie passée, et que nous plaçons notre foi en Jésus. Nous en avons
l’illustration avec l’apôtre Pierre prêchant à une grande foule le jour de la
Pentecôte. Lorsqu’il parla de Jésus, de sa mort sur la croix et de sa résurrection,
des milliers de personnes furent vivement touchées et lui demandèrent ce
qu’elles devaient faire. Sa réponse fut claire et nous montre la voie du salut :
“Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour
le pardon de vos péchés et vous recevrez le don du Saint Esprit.” (Actes 2:38).
La repentance est la porte vers la vie éternelle.
Je me souviens du jour de ma nouvelle naissance : quand j’ai pris conscience
de ma nature de pécheur devant le Seigneur, j’ai été triste et brisé d’avoir
péché contre Lui, et je me suis repenti de toute ma vie passée. Briser son cœur
demande de s’humilier et de reconnaître que l’on a besoin de Jésus.
Mais une fois que nous sommes devenus enfants de Dieu, quelle est la place
de la repentance dans notre vie ? Que fait-on de nos chutes, de nos péchés,
de nos faiblesses, que fait-on de ce que Dieu n’approuve pas ? Il nous arrive
à chacun de faillir, d’avoir une mauvaise attitude, de mauvaises pensées, de
tomber dans le péché, d’être en colère… Que fait-on de tout cela ? On oublie
et on continue ?
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La repentance, une clé de la marche chrétienne
Une fois que nous sommes sauvés, la repentance devrait faire partie de notre
vie quotidienne. Tant que nous vivrons dans ce corps de chair, nous ne serons
jamais parfaits, et nous aurons besoin de nous repentir à chaque fois que nous
aurons péché, que ce soit par nos pensées, nos attitudes, nos paroles ou nos
actions, ou en succombant à la tentation.
Notre repentance en tant que chrétien doit-elle être différente de celle que
nous avons expérimentée pour notre salut ? Non, la même conviction de péché
et la même crainte de Dieu sont toujours indispensables pour une véritable
repentance.
Pourquoi juger celui qui pêche ?
Nous avons souvent de la difficulté à accepter qu’un frère tombe dans le péché,
mais ce n’est pas le cas de Dieu, qui sait que cela fait partie de notre vie.
Comme Jésus le dit dans Matthieu 26:41 : “L’esprit est bien disposé mais la
chair est faible.” Ce que Dieu recherche, c’est un cœur brisé qui se repent. Cela
fait partie de notre vie, de notre croissance spirituelle.
Dieu n’a pas rejeté David qui avait pourtant péché. Malheureusement,
aujourd’hui, de nombreux chrétiens se sentent condamnés parce qu’ils sont
tombés dans le péché et que le pasteur les juge. Comme si le pasteur, lui, ne
péchait jamais ! La repentance est autant pour nous, les pasteurs, que pour les
simples chrétiens, personne n’en est exempté. Nous non plus, nous ne sommes
pas parfaits et ne faisons pas toujours la volonté de Dieu.
Chapitre V - La croix et la repentance
23
Le défi de la croix
L’expérience des Corinthiens
La première épître de l’apôtre Paul aux Corinthiens montre que ces chrétiens
s’étaient mis à avoir une attitude très légère vis-à-vis du péché dans l’église. Ils
étaient à ce moment-là très charnels et divisés entre eux. Avec cet état de cœur,
il est évident qu’ils ne pouvaient pas reprendre le chrétien qui vivait la situation
terrible évoquée dans le chapitre 5 par l’apôtre Paul. Dans sa première lettre,
celui-ci regrette énormément qu’ils ne montrent aucun signe de tristesse en
cette circonstance. Il leur dit qu’il s’attendait, au contraire, à ce qu’ils souffrent
de cette situation de péché dans l’église.
En conséquence, la relation de l’apôtre Paul avec les Corinthiens s’était
détériorée, et il était inquiet à ce sujet. Il n’avait reçu aucune vraie réponse à sa
première lettre. Or, il n’attendait qu’une chose : retrouver sa relation avec eux,
les ramener à l’Evangile et que la situation soit rétablie.
Dans sa deuxième lettre, il n’hésite pas à confier sa tristesse passée, car l’église
de Corinthe avait été engendrée par son ministère : “Donnez-nous une place
dans vos cœurs ! Nous n’avons fait tort à personne, nous n’avons ruiné personne,
nous n’avons tiré du profit de personne.” (2 Corinthiens 7:2). En d’autres mots,
l’apôtre Paul leur dit : “Pourquoi devrions-nous être désunis ?” Il leur explique
que la situation et leur réaction avaient entraîné une séparation dans l’esprit
entre eux et lui. La lettre qu’il leur avait adressée auparavant pouvait leur paraître
sévère, mais il se devait de leur parler un langage de vérité.
Cette lettre aurait pu diviser cette église, si finalement celle-ci ne s’était pas
repentie. Mais elle avait fini par se ressaisir, comme le rapporta Tite à son retour
de Corinthe. Il expliqua comment les Corinthiens avaient reconnu leur état et
leurs torts : “[…] il nous a raconté votre ardent désir, vos larmes, votre zèle pour
moi, en sorte que ma joie a été d’autant plus grande.” (2 Corinthiens 7:7).
Les Corinthiens avaient maintenant un désir et un zèle renouvelés pour soutenir
l’apôtre. Celui-ci, à nouveau uni avec eux dans un même esprit et un même
cœur, avait alors pu traiter cette situation afin que le frère concerné se repente.
On peut se poser la question : comment un tel revirement avait-il pu se produire
24
dans leur cœur ? La réponse est simple : seule une conviction de l’Esprit avait
pu les conduire à la repentance.
C’est la même expérience que celle qu’ils avaient vécue lors de leur conversion,
celle que tous les chrétiens nés de nouveau et régénérés par l’Esprit de Dieu
devraient continuer à vivre aujourd’hui.
Pour conclure, l’apôtre Paul leur confie : “Quoique je vous aie attristés par ma
lettre, je ne m’en repens pas. Et, si je m’en suis repenti - car je vois que cette
lettre vous a attristés, bien que momentanément - je me réjouis à cette heure,
non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que votre tristesse vous a
portés à la repentance ; car vous avez été attristés selon Dieu, afin de ne recevoir
de notre part aucun dommage.” (2 Corinthiens 7:8-9). Il continue et explique,
au verset 10 : “En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut
dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort.”
La véritable repentance, fruit d’une conviction
La vraie repentance que le chrétien a besoin de vivre n’est ni un principe, ni
une technique. Ce ne sont pas seulement des paroles, mais c’est un brisement
intérieur, qui le pousse à s’humilier. C’est un changement d’attitude et non de
simples mots correspondant à ce que nous sommes supposés faire selon la
Parole de Dieu. Pourtant, il y a des chrétiens, et même des pasteurs, qui ne se
sont pas repentis comme ils le devraient depuis bien longtemps.
Dans le psaume 51, David exprime lui aussi une vraie repentance devant le
Seigneur. Nous pouvons ressentir son cœur brisé et sa tristesse selon Dieu. Il
dit : “Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé : O Dieu ! Tu
ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit.” ll reconnaît ses péchés et cherche
le pardon de la part de Dieu. Il déclare : “je reconnais mes transgressions”, et
aussi : “O Dieu, crée en moi un cœur pur.” C’est ce genre de repentance que
Dieu veut trouver dans l’église.
Chapitre V - La croix et la repentance
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Le défi de la croix
La repentance permet une restauration
Personnellement, quand je suis en désaccord avec ma femme, un frère ou
une sœur, je ressens qu’un mur se dresse entre nous. Mais la repentance le
fait tomber, et la paix et la joie reviennent. La repentance est un moment de
tristesse, parce que nous nous rendons compte que nous avons déplu à Dieu
et offensé l’autre, et aussi un moment de brisement qui permet de remettre les
choses en ordre. Cela nous emmène à nous dire : “Je n’aurais pas dû me laisser
aller et faire ça !” C’est le chagrin d’avoir déplu à Dieu, d’avoir blessé l’autre, qui
nous brise et nous pousse à nous repentir.
Combien de maris chrétiens ne se repentent jamais envers leur femme ! Pourtant,
il est certain qu’ils ont eu plus d’une occasion de se repentir de leurs mauvaises
attitudes, de leur colère, de leur indifférence, de leur dureté, etc. Bien entendu,
on peut dire la même chose pour des femmes envers leur mari. Le manque de
repentance est un problème bien réel dans l’église aujourd’hui.
C’est sûr qu’il est difficile de reconnaître, en nous-mêmes d’abord, que nous
avons failli. Notre orgueil est touché. Mais quelle libération ensuite ! Souvent,
les discussions entre mari et femme peuvent aller en empirant si chacun se tient
sur sa position. C’est autre chose d’accepter d’être le perdant alors même que
nous pensons avoir raison !
Je n’oublierai jamais le jour où ma femme et moi avions eu une dispute qui
s’était terminée sans réconciliation, et où j’avais préféré fuir au bureau plutôt
que de régler la situation. C’était le moment où je venais juste de comprendre
l’importance de prendre ma croix, de m’humilier et de permettre au Seigneur de
me briser et me changer. Alors que je conduisais, je ressentais que j’avais perdu
ma paix. J’avais une très forte conviction du Saint-Esprit que j’avais blessé
ma femme et que je devais me repentir envers elle. Mais m’humilier devant
elle me semblait vraiment trop dur. J’étais pasteur depuis plusieurs années à
cette époque pourtant, mais j’ai alors réalisé que je n’avais jamais réellement
demandé pardon à ma femme. Et Dieu sait si j’en avais eu l’occasion ! Déterminé
à prendre ma croix et à m’identifier à Jésus, j’ai fait demi-tour et je suis rentré
à la maison. Ma femme n’en revenait pas ! Je me suis vraiment humilié, je lui
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ai sincèrement demandé pardon, et ça a été un tournant dans notre vie de
couple. Bien vite, le Seigneur a commencé à restaurer notre relation. Quand
elle en parle, ma femme dit toujours : “C’était la première fois que je ressentais
vraiment le cœur de Miki et que ce n’était pas un pardon du bout des lèvres.”
La repentance est une plateforme extraordinaire pour que Dieu puisse œuvrer
en nous. Elle répare, restaure et rétablit les situations.
La repentance produit la vie
Qu’est-ce qui va ramener la vraie repentance dans l’église ? C’est la prédication
de la croix qui parle de notre identification à Jésus.
Il est facile pour l’église d’avoir un esprit religieux et de ne plus ressentir le
besoin de se repentir devant le Seigneur. Pourtant, le message de la croix
présentera toujours aux chrétiens le chemin pour se repentir et garder un cœur
pur. Prêcher la repentance de temps en temps n’est certainement pas suffisant.
Il faut que l’esprit de l’Evangile, le message de la croix, c’est-à-dire Jésus-Christ
et Jésus-Christ crucifié, soit toujours présent dans l’église.
Pour en revenir à l’exemple de l’église de Corinthe, qu’est-ce que la repentance
avait produit dans la vie des croyants ? Elle avait produit la vie. C’est cela, le
fruit du message de la croix, c’est l’identification à Christ dans sa mort afin de
manifester sa vie.
Cette repentance avait produit chez les Corinthiens une nouvelle attitude, une
prise de position, une restauration, une réconciliation dans l’esprit, une haine du
péché, une crainte de Dieu, un désir ardent et un zèle nouveau pour s’attacher
au Seigneur, et aussi une gratitude pour ce qu’Il avait fait dans leur cœur, même
si cela avait été une expérience difficile à vivre. Ils étaient désormais clairs
dans l’esprit. Tout était rentré dans l’ordre. Ils avaient retrouvé la vie et la paix
de Jésus.
Frères et sœurs, la repentance doit être une chose normale dans notre vie. C’est
le seul moyen de restaurer notre relation avec Dieu et avec les hommes. Il ne
Chapitre V - La croix et la repentance
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Le défi de la croix
faut pas avoir honte de nous repentir, ce n’est pas une défaite, ni un signe de
faiblesse, mais, au contraire, une victoire. C’est un moyen de nous abaisser pour
permettre au Seigneur de nous relever. C’est un aspect de la vie chrétienne qui
est incontournable, non seulement pour garder la paix, mais aussi pour grandir
spirituellement. Le péché enlève la joie de notre salut, mais la repentance nous
redonne cette joie et nous aide à grandir dans la maturité.
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Chapitre VI
La croix et le pardon
“Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous
pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne
vous pardonnera pas non plus vos offenses.” (Matthieu 6:14-15)
Nous sommes d’accord avec le fait que Dieu nous pardonne, mais nous ne
parvenons pas toujours à pardonner aux autres. Nous pouvons pardonner
certaines choses, mais pas tout, et c’est un problème ! C’est même un très gros
problème, car Jésus dit que si nous ne pardonnons pas aux hommes, notre
Père ne nous pardonnera pas non plus.
L’exemple de Jésus et des apôtres
Parler du pardon, c’est parler du message de la croix. Prenons exemple sur
Jésus Lui-même, qui a tout accepté et pardonné tout le mal qu’on Lui a fait !
Jésus a constamment pardonné à ses adversaires, Il n’a jamais endurci son
cœur, alors même que Lui, le Fils de Dieu, était accusé injustement, frappé,
mis à mort. Il est allé à la croix avec un cœur pur, “Il n’a point ouvert la
bouche.” (Esaïe 53:7). C’est pour cela que sa victoire a été totale.
Sur la croix, abattu par la souffrance et humilié par les injures, il a fait cette prière
à son Père : “Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.” (Luc 23:34). Il
a vécu jusqu’au bout ce qu’Il avait enseigné !
Chapitre VI - La croix et le pardon
29
Le défi de la croix
Etienne a eu la même attitude quand les religieux l’ont lapidé parce qu’il avait
prêché l’Evangile. Il avait un cœur rempli de grâce et, comme Jésus, il a exprimé
le même pardon envers ses persécuteurs en disant : “Seigneur, ne leur impute
pas ce péché.” (Actes 7:60). Etienne était un homme de l’Esprit. Il savait ce
que signifiait prendre sa croix et suivre Jésus. Il n’avait pas à se reprocher
d’avoir prêché l’Evangile et il a préféré s’identifier au Seigneur plutôt que de
se défendre et de garder de l’amertume envers ses persécuteurs. Il a pardonné
aux pharisiens de tout son cœur. Il a prié, le cœur brisé, de manière sincère.
L’apôtre Paul a lui aussi fait face à de nombreux ennemis pendant l’exercice
de son ministère, à des prédicateurs qui s’opposaient à lui et à sa doctrine.
Même les Corinthiens s’étaient éloignés de lui à cause de fausses accusations
proférées par d’autres. Malgré cela, il n’en voulait ni à ces prédicateurs ni aux
Corinthiens. Il leur a pardonné sans garder d’amertume dans son cœur. Il savait
ce que c’était que de prendre sa croix.
Le pardon sous la Nouvelle Alliance
Dans le sermon sur la montagne, Jésus a enseigné à la foule qu’il y avait une
autre vie à sa portée. Il a comparé cette nouvelle vie à celle de la vie sous
l’Ancienne Alliance.
“Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi,
je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue
droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre
ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.” (Matthieu 5:38-40).
“Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.
Mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent,
faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent
et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les
cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir
sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle
récompense méritez-vous ? Les publicains n’agissent ils pas de même ? Et si
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vous saluez seulement vos frères, que faites vous d’extraordinaire ? Les païens
n’agissent-ils pas de même ? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste
est parfait.” (Matthieu 5: 43-48).
Pardonner à nos ennemis et nos persécuteurs : ce qui n’était pas possible sous
l’Ancienne Alliance est désormais possible sous la nouvelle. Jésus nous en a
donné l’exemple sur la croix.
Pardonner chaque jour
Le pardon est une expérience de tous les jours, qui nous coûte, nous brise et
nous demande de nous humilier. Mais il arrive un moment où nous ne devons
avoir à régler que les choses quotidiennes et non plus celles du passé. Une fois
les choses du passé pardonnées, je peux maintenant expérimenter le pardon
chaque jour. Cela doit être l’expérience de tous les chrétiens : ne pas avoir à
retourner en arrière, ni d’une semaine, ni même d’un jour, car le pardon est
quotidien. C’est aujourd’hui que je pardonne ! Et c’est un brisement !
Souvent, nous ne réalisons pas que nous devons accepter de pardonner à notre
femme, notre mari, nos enfants, nos parents, nos collègues de travail, nos frères
et sœurs avec lesquels nous œuvrons, nos employeurs, nos employés, ceux
qui nous rejettent et peut-être nous persécutent… à une personne qui nous fait
du tort, nous parle mal, nous blesse, nous accuse de quelque chose que nous
n’avons pas fait, nous regarde de travers ou même simplement ne nous adresse
pas la parole comme nous l’aurions voulu. Cela nous arrive à tous, n’est-ce
pas ? Votre mari vous tombe dessus pour un rien, votre femme fait la tête… il y a
toutes sortes de circonstances dans notre vie quotidienne ! Malheureusement,
il arrive que nous nous couchions le soir avec un cœur qui n’est pas clair et un
poids en plus…
Il est essentiel de vivre le pardon chaque jour, en permanence, afin de garder un
cœur pur. C’est triste de croire que nous sommes clairs vis-à-vis du Seigneur,
alors que nous n’avons pas pardonné ! Je rappelle que Jésus a dit que si nous
ne pardonnons pas aux hommes, notre Père ne nous pardonnera pas non plus.
Chapitre VI - La croix et le pardon
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Le défi de la croix
Nous ne pouvons pas continuer à vivre ainsi. Nous devons renoncer au droit de
nous défendre, au droit de nous justifier, et nous devons pardonner.
Les conséquences du non-pardon
Le ressentiment est comme un boulet que l’on traîne, un lourd handicap
dans notre service pour Dieu. Quand nous ne pardonnons pas à quelqu’un,
peu importe qu’il s’agisse d’une chose mineure ou d’une chose grave, nous
finissons par endurcir notre cœur. Or Dieu désire que nous ayons un cœur qu’Il
puisse travailler et former. Il ne peut rien faire avec un cœur dur. Le fait d’en
vouloir à quelqu’un peut nous conduire à reculer dans notre marche spirituelle.
Le non-pardon est un mal qui nous ronge et nous prive de beaucoup de
bénédictions de la part du Seigneur. Si nous regardons bien, celui qui offense et
qui se repent se porte mieux que celui qui n’arrive pas à s’humilier et à pardonner.
Celui qui ne pardonne pas reste lié à celui qui l’a offensé, et il continue à lui en
vouloir pour son offense. Finalement, celui qui ne pardonne pas marche dans
la défaite et celui qui a causé l’offense et qui s’est repenti marche, lui, dans
la victoire, et il est libre. Le

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